Transition automobile : les ménages belges accélèrent le passage à l’électrique
La dernière enquête menée par BNP Paribas Fortis auprès de 1.000 Belges révèle un changement profond et progressif dans la manière d’appréhender la mobilité durable en Belgique1. Alors que le transport représente 25% des émissions de CO2 en Belgique, les comportements d’achat et d’usage des Belges vis-à-vis des véhicules électrifiés se transforment rapidement. Si 23% des Belges possèdent désormais un véhicule électrifié, près d’un ménage belge sur 5 envisage de remplacer sa voiture thermique par un véhicule électrique dans les 2 ans.

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En 2025, la congestion routière a coûté à la Belgique 1,06% de son PIB, soit 5,65 milliards d’euros2. Un montant considérable qui illustre le poids des embouteillages sur les entreprises mais qui s’additionne à un autre défi de taille : le transport routier est responsable de plus de 25% des émissions de CO2 dans le pays.
Actuellement, près de 9 ménages belges sur 10 (91%) déclarent posséder au moins une voiture. En zoomant sur le parc électrifié, on note que plus d’un ménage belge sur cinq (21%) roule déjà avec un véhicule électrifié, hybride ou full électrique (contre 16% en 2024). Sur l’ensemble de la population, 9% des ménages belges possèdent une voiture 100% électrique, à titre privé ou via une voiture de société (contre 6% en 2024).
Près d’un ménage sur 5 envisage de passer à un véhicule électrique d’ici à fin 2027
Et la dynamique continue de s’accélérer : 18% des ménages envisagent de remplacer leur voiture thermique par un modèle électrique d’ici fin 2027, contre 11% l’année précédente. Les signaux semblent converger vers une réorientation durable du marché de la voiture électrique.
Autre signal : 28% des ménages intéressés par le changement de motorisation dans les 24 mois, seraient prêts à se tourner vers le marché de la seconde main, ce qui confirme que le marché d’occasion devient un accélérateur de la transition. Cette évolution marque une nouvelle étape : lorsque le marché d’occasion s’ouvre, la transition cesse d’être un marché de niche.
Parmi ceux qui se tourneraient vers le marché de l’occasion à terme, 66% privilégieraient un vendeur professionnel, 25% un site spécialisé agrégeant plusieurs vendeurs certifiés, et seulement 8% un site de ventes de gré à gré. Ce choix massif pour des canaux encadrés s’explique par la recherche de garanties, de transparence et d’un historique d’entretien fiable, éléments sensibles pour une technologie encore jeune dans l’esprit du public.
Longtemps perçue comme un frein, la disponibilité des infrastructures des bornes de recharge évolue rapidement. Ainsi, un Belge sur 2 considère qu’il y a suffisamment de bornes sur le réseau routier. Ce chiffre, qui aurait été impensable il y a encore quelques années, témoigne d’une normalisation de la recharge dans l’espace public.
D’ailleurs, ce bond est considérable puisque l’an dernier, la majorité des Belges (43%), qui roulaient ou pas en voiture électrique/hybride, jugeaient difficile ou très difficile de trouver des bornes de recharge, tandis que seulement un Belge sur 4 estimait leur disponibilité suffisante.
L’écart entre perception et expérience est notable puisque la satisfaction de la disponibilité grimpe à 95% chez les propriétaires de véhicules électriques (contre 76% en 2024). Autrement dit, l’expérience réelle contredit largement la perception extérieure. Pour ceux qui pratiquent l’électrique au quotidien, l’infrastructure n’est plus un frein majeur.
Désintérêt pour la voiture partagée, intérêt pour le leasing privé
Face aux enjeux environnementaux, économiques et sociaux, la mobilité se réinvente grâce à des solutions innovantes et accessibles. Parmi elles, 2 tendances émergent particulièrement : les voitures partagées et le « leasing privé ».
Concernant la mobilité partagée en Belgique, l’étude met en lumière la persistance d’un attachement structurel à la propriété individuelle : 86% des Belges déclarent ne pas envisager le recours aux véhicules partagés. Le modèle semble attirer surtout les moins de 35 ans (24%), signe possible d’une transition générationnelle future.
À l’inverse, le leasing privé retient un peu plus l’attention. Cette solution de mobilité qui permet d'utiliser une voiture via un abonnement tout compris, intégrant assurance, entretien et taxes, séduit près d’un ménage belge sur 4. Les moins de 35 ans se démarquent avec 37% d'avis positifs.
Ces réticences à adopter de nouveaux modèles de propriété s’inscrit dans un contexte où la notion même de possession reste primordiale. Pourtant, l’intérêt croissant des jeunes pourrait annoncer un changement de paradigme dans les années à venir.
Les résultats de cette nouvelle enquête démontrent que la transition automobile n’est plus un horizon lointain mais un mouvement installé, porté à la fois par l’usage réel des conducteurs, par l’élargissement du marché – neuf et d’occasion – et par la montée en confiance des ménages quant aux infrastructures de recharges.
Si la possession reste un marqueur fort et que les modèles alternatifs peinent encore à convaincre, l’adoption progressive du véhicule électrique témoigne moins d’un effet de mode que d’une transformation structurelle des habitudes. Les prochaines années diront si ce changement s’inscrit dans une logique de bascule massive.
Zoom sur l’accompagnement financier de BNP Paribas Fortis pour une mobilité bas carbone
BNP Paribas Fortis joue un rôle clé dans la transition vers une mobilité bas carbone. En 2025, un prêt à tempérament sur 2 accordé par la banque concernait le financement de véhicules, dont 20% pour des modèles à faibles émissions (moins de 50g de CO2). Le montant moyen des prêts pour ces véhicules a atteint 26.678 euros en 2025, en baisse de 2% par rapport à l’année précédente. La durée moyenne des emprunts s’élève désormais à 65 mois, tandis que la mensualité moyenne atteint 456 euros, en baisse de 3% par rapport à 2024.
1 Cette étude quantitative a été réalisée par le bureau d’études Data Synergy pour le compte de BNP Paribas Fortis. Les répondants ont été recrutés par l'intermédiaire d'un panel externe. L'échantillon est représentatif de l’âge (18 ans et plus), du sexe et de la langue en Belgique. Les questions ont été envoyées au panel en ligne de Data Synergy. Les entretiens ont été menés entre le 24 novembre et le 26 novembre 2025. La marge d'erreur maximale pour 1.000 Belges est de 3%.
2 https://www.mobilitydashboard.be/fr/congestion/cost-of-congestion/



