La « grande transmission » : comment les baby-boomers entendent transmettre leur patrimoine

La Belgique s’apprête à vivre la plus importante transmission patrimoniale de son histoire. Portée par le vieillissement de la génération des baby-boomers, cette « grande transmission » de fortune va profondément remodeler le paysage patrimonial, immobilier et financier du pays au cours des prochaines années. Une enquête1 réalisée par BNP Paribas Fortis auprès de 1.114 Belges âgés de 65 ans et plus révèle les intentions et priorités de cette génération face à la transmission de leur patrimoine.


La disparition progressive des classes d'âge du « baby-boom », détentrices d’une part significative des actifs financiers et immobiliers, va rebattre les équilibres patrimoniaux. D’ici 15 ans, ce phénomène entraînera un transfert de patrimoine d’une ampleur sans précédent. Ce mouvement, qui concerne les individus nés entre 1946 et 1964, déclenchera ainsi une redistribution massive des richesses à l’échelle mondiale. Les baby-boomers devraient ainsi transmettre des actifs d’une valeur colossale de 84.400 milliards de dollars1. En Belgique, ce processus est désigné sous le terme de « grande transmission ».

3 seniors sur 4 se disent favorables à une donation de leur vivant

L’apogée de cette « grande transmission » est attendue à l’horizon 2040. Elle pose des défis économiques, fiscaux et sociétaux de premier plan, mais elle constitue aussi un facteur structurant pour les générations suivantes, en particulier lorsqu’elles font face à des décisions patrimoniales clés comme l’accès au logement. ​

Afin d’évaluer les intentions des baby-boomers en matière de donations, BNP Paribas Fortis a réalisé une enquête exclusive auprès de plus de 1.000 représentants de cette génération.

Premier constat marquant : près de 3 seniors sur 4 se disent favorables à une donation de leur vivant.

Dans le détail :

  • 25% ont déjà transmis une partie de leur patrimoine.
  • 15% envisagent de le faire prochainement.
  • 31% n’y ont pas encore réfléchi, mais s’y montrent ouverts.
  • 29% ne sont pas ouverts à l’idée de faire une donation de leur vivant.

« Cette volonté de transmission anticipée intervient de plus en plus tôt et s’inscrit souvent dans une logique de soutien à des moments clés de la vie des enfants. Notamment lorsqu’ils font face à leur principal obstacle financier : l’accès au logement », pointe Isabelle Brévière, Director Estate Planning chez BNP Paribas Fortis.

L’immobilier, pivot de la transmission intergénérationnelle

En Belgique, le patrimoine immobilier des ménages belges représente 1.974 milliards d’euros2, soit 327% du PIB, tandis que le patrimoine financier atteint 1.309 milliards d’euros. Le patrimoine « baby-boomers » en Belgique culmine entre 65 et au-delà. Ils disposent alors d’un patrimoine médian de plus de 307.700€3 contre un patrimoine médian de 337.400€ pour les plus de 75 ans. Outre l’immobilier, la part de l’épargne accumulée atteint également un pic dans cette tranche d’âge.

À tous les âges, l’immobilier constitue la principale composante du patrimoine. Et particulièrement chez les 65 et 74 ans : la « brique » représente près des deux tiers du patrimoine. Les baby-boomers concentrent ainsi une part considérable du capital belge, appelé à être transmis dans les prochaines années. D’autant plus que les « baby-boomers » représentaient environ 14,4% de la population belge en 2024 (contre 12,5% dix ans plus tôt), avec des projections indiquant que l’âge médian devrait continuer à augmenter dans les années à venir4. Cette évolution démographique accentue l’urgence de la planification successorale anticipée, tant pour les donateurs que pour les bénéficiaires.

Parmi les « baby-boomers » ouverts à une donation, 20% souhaitent transmettre uniquement de l’immobilier, et 18% envisagent une combinaison de patrimoine mobilier et immobilier. Autrement dit, près de 4 seniors favorables à la donation sur 10 intègrent l’immobilier dans leur stratégie patrimoniale.

Cette tendance est encore plus marquée chez les seniors disposant de plusieurs biens résidentiels : un tiers d’entre eux (33%) souhaitent transmettre à la fois de l’immobilier et du patrimoine financier. Cette configuration reflète la structure même du patrimoine belge, largement investie dans la brique.

Dans un contexte où l’apport personnel joue un rôle déterminant dans l’accès au crédit immobilier, ces transmissions – qu’elles prennent la forme de liquidités, de biens immobiliers ou d’une combinaison des deux – deviennent un facteur structurant des trajectoires résidentielles des générations suivantes.

Des réalités régionales contrastées

L’enquête met également en lumière des préférences en matière de donation selon la structure patrimoniale régionale :

  • En Flandre, les seniors privilégient davantage des donations mobilières : 38% souhaitent donner uniquement des actifs financiers contre 16% uniquement des donations immobilières.
  • À Bruxelles et en Wallonie, la donation uniquement immobilière est plus fréquente : respectivement de 27% et 24% contre 28% et 24% pour des donations mobilières.

Ces écarts ne traduisent pas des différences culturelles, mais reflètent des compositions patrimoniales distinctes. En Flandre, le patrimoine médian par ménage est historiquement plus élevé, avec une proportion plus importante d’actifs financiers diversifiés. À Bruxelles et en Wallonie, l’immobilier représente une part plus centrale du patrimoine des ménages. Ces divergences semblent indiquer des différences dans les stratégies d’investissement et des opportunités économiques régionales.

Réduire la fiscalité et soutenir les enfants : les deux moteurs principaux

La principale motivation à la donation reste la réduction des droits de succession, citée par 68% des seniors favorables aux donations, et jusqu’à 77% chez ceux disposant de plusieurs biens immobiliers. Le soutien financier aux enfants arrive en seconde position (46%). Dans les faits, ce soutien vise souvent à accompagner des projets concrets, tels que l’achat d’un premier logement, à un moment où les besoins financiers sont les plus importants.

Par ailleurs, 82% des seniors favorables à la donation souhaitent transmettre en priorité à leurs enfants, et près de 46% des grands-parents envisagent un transfert direct vers leurs petits-enfants, parfois dans une logique de transmission transgénérationnelle.

Un besoin d’accompagnement accru

La donation immobilière demeure une opération complexe et onéreuse aux yeux des donateurs. Selon les données, un senior sur trois identifie le coût comme obstacle majeur (32%), devant la complexité fiscale et juridique (16%). La crainte des coûts s’élève à 41% parmi les donateurs potentiels à court terme.

Dans ce contexte, un senior sur deux favorable à une donation estime qu’un accompagnement personnalisé par un notaire est indispensable. Et sur l’ensemble des sondés, 47% attendent désormais un rôle d’information, de planification ou de conseil de la part de leur banque – une proportion qui monte à 62% chez ceux qui projettent une donation prochaine.

« Nous constatons que les Belges sont de plus en plus conscients de l’importance d’anticiper la transmission de leur patrimoine, tant pour optimiser la fiscalité que pour soutenir concrètement les projets de leurs proches. Cette enquête confirme que l’immobilier reste au cœur des préoccupations patrimoniales, et que l’accompagnement professionnel devient essentiel pour naviguer dans la complexité juridique et fiscale », conclut Isabelle Brévière.

Avec ses 32 Estate planners spécialisés, BNP Paribas Fortis entend répondre à cette attente croissante en accompagnant ses clients et clientes dans une transmission anticipée, structurée et équilibrée, contribuant à sécuriser à la fois les choix des donateurs et les projets de vie des générations futures.

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1 Les chiffres proviennent d’une étude quantitative en ligne (CAWI) menée entre le 24 novembre et le 1er décembre 2025 auprès de 1.114 Belges âgés de 65 ans et plus. Réalisée à la demande de BNP Paribas Fortis, l’enquête s’est penchée sur les intentions et les considérations concernant les donations mobilières et immobilières. L’échantillon est représentatif en termes d’âge, de sexe, de langue et de Région. La marge d’erreur est de 3%.

2 Source: Trident Trust - Intergenerational Transmission of Wealth: Threats and Opportunities

3 Source : Banque Nationale de Belgique

4 Source : Banque Nationale de Belgique - Early results of the fourth wave of the Belgian Household Finance and Consumption Survey

5 Source : Eurostat, Données démographiques Union européenne, 2021-2023

 

 

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