Les exportations belges vers les pays de l’UE sont à la traîne : BNP Paribas Fortis identifie un potentiel de croissance
D'après une étude de BNP Paribas Fortis, les exportations belges vers d'autres États-membres de l'UE sont nettement plus faibles que vers les pays hors UE. Ce constat vaut pour de nombreux biens. En conséquence, les exportations belges intra-UE sont inférieures de plus de 10 milliards d'euros par rapport à leur potentiel. L'analyse des flux commerciaux par produit vise à identifier des opportunités de croissance pour les entreprises belges.

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Une étude du Fonds Monétaire International1 (FMI) publiée en 2025 montre que les exportations intra-européennes engendrent un coût moyen équivalent à un droit de douane de 45 %. Christine Lagarde, présidente de la Banque Centrale Européenne (BCE), a indiqué fin 20252 que son institution publierait dans le courant du mois de janvier une analyse3 qui estime ce coût à 65 %.
Exportations belges au sein de l’UE : un potentiel inexploité
À partir des données issues de UN Comtrade, BNP Paribas Fortis a cartographié en détail les exportations belges de biens. La banque a comparé, par catégorie de produit, la part de marché totale des exportations hors UE avec celle des exportations vers chaque État-membre. Elle a vérifié si la part de marché intra-européenne était au moins équivalente à celle hors Europe. La conclusion est sans appel : la Belgique n’exploite pas pleinement son potentiel d’exportation au sein de l’UE, avec un manque à gagner estimé à plus de 10 milliards d’euros.
« En théorie, l’exportation de marchandises au sein de l’UE bénéficie d’avantages comme la proximité géographique, des langues communes et une monnaie unique », explique Arne Maes, Senior Economist chez BNP Paribas Fortis. « Pourtant, ces atouts ne se reflètent pas toujours dans les chiffres. Nous avons constaté que la Belgique affiche, notamment en Allemagne, en Espagne et en Italie, des parts de marché faibles dans des secteurs clés comme la chimie organique, les produits pharmaceutiques et les métaux spécialisés. Même vers des pays tels que les Pays-Bas, la Pologne et la Slovénie, les exportations belges restent à des niveaux très faibles. »
Cartographier les opportunités de croissance
Tout comme les chercheurs de la BCE, BNP Paribas Fortis souligne que la situation actuelle n’est pas uniquement le résultat de mesures politiques, telles que l’obligation stricte d’étiquetage pour certains produits. Les préférences des consommateurs et le renforcement des réseaux domestiques peuvent en effet jouer un rôle, comme l’a également révélé une étude académique récente.
En cartographiant les flux commerciaux à un niveau de granularité très élevé, BNP Paribas Fortis entend visibiliser les opportunités de croissance. L’analyse révèle quels produits belges présentent un potentiel d’exportation supplémentaire et vers quels pays de l’UE ces opportunités peuvent se concrétiser.
« La banque partagera ces informations précieuses avec ses clients, ce qui pourrait avoir un impact positif sur l’économie belge. Cette analyse aide à mieux comprendre les marchés européens et leurs obstacles, ce qui pourrait à son tour accélérer l’intégration européenne. Et qui sait si cela ne débouchera pas, dans les années à venir, sur une mission économique belge intra-européenne », conclut Arne Maes.
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1 Adilbish, O, D Cerdeiro, R Duval, G H Hong, L Mazzone, L Rotunno, H Toprak and M Vaziri (2025), “Europe’s productivity weakness”, IMF Working Paper WP/25/40
2 Discours de Christine Lagarde lors du 35 e Congrès bancaire européen de Francfort, le 21 novembre 2025 (https://www.ecb.europa.eu/press/key/date/2025/html/ecb.sp251121~bd4c7eacd0.fr.html)
3 Bernasconi, R., Cordemans, N., Gunnella V., Pongetti G. et Quaglietti L., « Quel est le potentiel inexploité du marché unique de l’UE? », Bulletin économique, no 8, BCE. Publication attendue le 15 janvier 2026.



